Palais des Congrès, bling-bling, vedettes Maktoubiennes et autres “moutou fatfitou”… Les dernières éditions des JCC avaient laissé un arrière-goût certain au grand-public et traumatisé plus d’un puriste. Faisant même passer les films au second plan, ces frasques avaient fait planer l’ombre d’une dangereuse starification du plus vieux festival de cinéma africain. 

Mais cette année, la direction compte bien reprendre les choses en main! Nejib Ayed promet un retour à l’esprit fondateur du festival et annonce une série de mesures qui viennent mettre du baume au cœur des cinéphiles et ami.e.s de la culture. Nous laissant ainsi rêver d’une 28ème édition singulière et résolument tournée vers le socle identitaire des JCC! Voici donc au moins 8 bonnes nouvelles qui raviront les amoureux du 7ème art :

Ouverture au Colisée, clôture à la “Bonbonnière”

© Hadhret El Azzouzia / Colisée

Le choix du Palais des Congrès avait fait beaucoup jaser lors de la précédente édition. Le théâtre municipal était alors encore en travaux et les organisateurs ont dû se rabattre sur ce lieu dénué de cachet, qui avait donné un côté aseptisé aux deux cérémonies…

Cette année, le magnifique bâtiment construit dans un style Art Nouveau par l’archistecte français Jean-Emile Resplandy sera de retour 🙏 Il a été parfaitement restauré et modernisé après un long chantier qui a duré de janvier 2015 à avril 2017, et qui aura coûté au total 2 milliards de millimes! La salle de la “bonbonnière”, comme on la surnomme, accueillera donc la cérémonie de clôture le samedi 11 novembre, dans ses murs rafraîchis et chargés en Histoire.

Quant à l’ouverture, elle aura lieu le soir du samedi 4 novembre dans “la mère de toutes les salles”, au mythique cinéma Le Colisée, avec la projection du film palestinien «Ecrire sur la neige» de Rashid Masharaw. Les deux soirées seront retransmises en direct sur la télévision nationale Al-Wataniya-1, et bien sûr vivement commentées à coups de statuts satiriques sur Facebook 😂

Réouverture de la salle de l’Africa 

On se souvient de cette triste fin d’année 2011, quand la salle a été saccagée par une centaine de manifestants violents qui ont investi l’Africa suite à la projection de Laïcité Inchallah de la réalisatrice tunisienne Nadia El Fani (qui depuis s’est exilée suite aux menaces dont elle faisait l’objet).

Après ce triste épisode, qui fut l’un des premiers actes violents envers les artistes et la liberté d’expression en Tunisie, la salle avait complètement fermé ses portes au public. Elle sera rouverte à l’occasion de cette 28ème édition et reprendra vie après 6 ans de fermeture!

Elle accueillera plusieurs projections lors des prochaines JCC et restera par la suite ouverte au grand public. Heureux hasard du calendrier : cette réouverture coïncidera également avec le retour de Nadia El Fani à Tunis avec la projection de son nouveau documentaire Même pas Mal, après six ans d’absence forcéeComme un double pied de nez à l’obscurantisme. Une sorte de revanche, 6 ans plus tard… Tout un symbole! 👊

Moins de bling-bling, plus de cinéma engagé

L’année dernière, les frasques des starlettes ramadanesques avaient traumatisé plus d’un puriste en faisant même de l’ombre au 7ème art! Les productions de qualité, le film d’une tunisienne au Tanit d’or, la participation record du public… tout est passé aux oubliettes, et les tunisiens n’auront retenu que le tristement célèbre “Moutou fatfitou”…

Cette année, le ton est donné! Lors de la conférence de presse du jeudi 19 octobre (que Radio Misk a couvert de la plus drôle des manières), le directeur du Festival, Néjib Ayed, a rappelé que c’était un “festival de public et non pas de stars“. Cette édition sera donc marquée, insiste-t-il, par un retour à l’esprit fondateur des JCC, résolument tournées depuis leur création vers un cinéma engagé qui forme le socle identitaire du festival.

Il y aura donc plus de cinéma, d’échanges, de débats, et beaucoup moins de m’as-tu-vu et de paillettes, sans pour autant perdre le cachet glamour de ces journées. Encore faut-il que les médias de masse s’alignent sur cette vision martelée par le nouveau directeur, qui promet une édition singulière qui ravira les puristes. En espérant également que les invitations aux cérémonies officielles soient délivrées avec bon sens, et qu’on ose dire “I’m sooo sorryyyyy” aux starlettes Maktoubiennes qui demandent à y assister 😂

La fête se poursuit dans la rue

Les JCC, c’est avant tout une célébration. Celle du cinéma, de l’art, de l’ouverture sur le monde et les autres. Ce qui n’est pas de refus en ces temps plutôt moroses… Alors pour cette édition, comme pour la précédente, la direction a pris la bonne décision de prolonger la fête en dehors des salles obscures 🎉

Notamment sur “l’avenue”, où une grande scène sera érigée pour accueillir les concerts de musiques (comme celui du groupe métal Persona prévu le 8 novembre à 17h), ainsi qu’une salle de cinéma en plein air avec trois écrans géants. Autre nouveauté cette année : l’installation d’une boutique  réservée à la vente d’accessoires-souvenirs en relation avec les JCC.

Persona le groupe de #métal 100% tunisien donne un #concert lors des #JCC2017 #Event

Publié par JCC 2017 Carthage Film Festival sur jeudi 26 octobre 2017

La compétition du Film Documentaire réhabilitée

Très attendue par les documentaristes, la bonne nouvelle avait été annoncée par le directeur du festival au Pavillon Tunisien installé en marge du 70ème Festival de Cannes. Car la suppression d’une compétition officielle à part pour les films documentaires avait fait concourir ces derniers avec des fictions.

Mettre en concurrence des genres qui n’ont pas la même forme cinématographique, l’idée semblait assez incohérente. D’autant plus que cela désavantageait énormément les documentaires qui disposent souvent de moyens très restreints (ce qui n’a tout de même pas empêché la géniale Kaouther Ben Henia de remporter le Tanit d’Or en 2016, face à des fictions de qualité 💪).

Retour des grands débats post-projection

Parce qu’on reconnait souvent un bon film aux discussions passionnées qui s’en suivent. Alors pour partager ton émerveillement (ou ton indignation), cette année la direction des JCC te propose mieux qu’un statut Facebook que personne ne lira.

Tu pourras, si tu souhaites prolonger la soirée, assister à des débats de films animés par les puristes du genre: les membres de la Fédération Tunisienne des Ciné-Clubs 🎥 Ces échanges ouverts au public s’annoncent déjà passionnants et se tiendront au Café-Théâtre L’Etoile du Nord, au centre-ville de Tunis (41, avenue de Farhat-Hached)

Montant des prix doublés 

Oui, on sait, tu ne te sens pas directement concerné, mais cette décision ne peut que redonner de la vigueur à la compétition en motivant les cinéastes à redoubler d’effort pour repartir avec le Graal. Et pourquoi pas, à moyen terme, motiver un futur Dolan tunisien à s’enrôler dans l’aventure du cinéma, qui peut en décourager plus d’un à la faveur de la précarité actuelle du secteur 🙏

Record de présence des films tunisiens

Jamais la compétition n’aura accueilli autant de films tunisiens! Un nombre record vient d’être atteint cette année. 3 longs métrages de fiction,  3 longs métrages documentaires, 3 courts métrages de fictions, et 1 courts métrage documentaire.

Compétition des longs-métrages de fiction :

• ‘‘La belle et la meute’’ (Kaouther Ben Hania)
• ‘‘Mustapha Z’’ (Nidhal Chatta)
• ‘‘Vent du Nord’’ (Walid Mattar)

Compétition des longs-métrages documentaires :

• ‘‘Au-delà de l’ombre’’ (Nada Mezni Hfaiedh)
 ‘‘Couscous : les graines de la dignité’’ (Habib Ayeb)
• ‘‘Gafsa année zéro’’ (Nejia Ben Mabrouk)

Compétition des courts-métrages de fiction :

 ‘‘Aya’’ (Moufida Fadhila)
 ‘‘Apnée’’ (Insaf Arafa)
• ‘‘Les secrets des vents’’ (Imen Nasri)

Compétition des courts-métrages documentaires :

• ‘‘Cloch’art’’ (Manel Gatri).

D’autres films tunisiens seront présentés au public en séances spéciales hors compétition, comme El Jaida’ de Salma Baccar, La rumeur de l’eau de Taieb Louhichi, L’enfant du Lazaret de Kamel Ben Ouanes, L’amour des hommes de Mehdi Ben Attia, Vagues Brisées de Habib Mestiri, Rezk el Bey lik de Habib Mselemani et Woh de Ismahane Lahmar.

En bonus : free wifi sur l’Avenue !

Annoncée dimanche 29 octobre sur la page officielle des JCC, l’info a de quoi rassurer les Facebook addicted et les inconditionnels d’Instagram (d’ailleurs, pour être dans le coup, n’oublie pas de taguer tes post avec #JCC2017 et #MYJCC tout au long du festival😜)

Adieu panne de 3G et crise de manque en pleine soirée ! Désormais il te suffira de te connecter sur le réseau mis à disposition par l’ATI pour checker le programme à la dernière minute, trouver ton chemin jusqu’à la salle de ciné ou partager tes “selfie w l’Africa khalfi”📸 On ne connait pas encore la puissance du débit (ni le code Wifi 😅) mais on salue déjà l’initiative, qui dénote d’une sincère volonté de faire entrer le festival dans l’ère de la modernité.

Offert par l'@ATI le Wifi sera libre d'accès pendant le festival, sur l'Avenue Habib Bourguiba. N'oubliez pas les hashtags #jcc2017 et #Myjcc dans vos selfies, vos tweets et vos statuts!

Publié par JCC 2017 Carthage Film Festival sur dimanche 29 octobre 2017


Et toi, qu’est ce qui t’excite le plus dans cette 28ème édition ? N’hésite pas à partager en commentaire le nom des films que tu attends avec impatience ✌

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